Ces dernières années ont mis en évidence le fait que nous, les professionnels sanitaires en général et surtout les médecins, dans la plupart des cas n’agissons pas de façon correcte comme patients lorsque nous sommes malades.

Un médecin sur dix. On calcule que, nous médecins, avons une chance sur dix de subir pendant notre vie professionnelle, un épisode lié à des maladies psychiques et/ou à des conduites de dépendance qui peuvent nuire à notre exercice professionnel, et même arriver à une manifeste mauvaise mise en pratique professionnelle qui comporterait erreurs et négligences.

Un grand nombre d’arrêts de travail, de déclarations d’incapacité ou d’inhabilité professionnelle de médecins sont dues à des troubles qui ont un traitement efficace.

Les maladies occultes. Ces maladies ont une répercussion très négative dans la vie quotidienne, dans l’entourage familial mais aussi dans les cercles professionnels, aux postes de travail et dans la relation avec les patients. Tout en étant conscients de ces préjudices, la peur, le sentiment de culpabilité et la stigmatisation sociale de la maladie font que les médecins et les professionnels de la santé s’habituent à la nier et à l’occulter.

C’est aussi un problème de santé de la communauté. Le manque d’initiative et de décision pour demander de l’aide ne fait que retarder le moment de faire face au problème et provoque donc un empirement du pronostique. Quand un médecin renonce à chercher des solutions efficaces à son problème, cette conduite dépasse le domaine strictement personnel et devient une question qui affecte le bien-être collectif, si l’on tient compte des possibles conséquences sur la santé de nos patients.

Ni les meilleurs patients, ni les mieux assistés. Il est démontré que, comme professionnels de la santé, nous nous trouvons dans la couche de population qui reçoit le moins d’attention sanitaire, à cause de l’autosuffisance, de la négation des propres maladies, des consultations spontanées à des collègues ou à cause d’autres raisons. De même, il ne s’établit pas une relation thérapeute-patient adéquate entre deux médecins, présente par contre dans la pratique clinique courante. De ce fait, nous sommes l’un des collectifs les moins bien assistés dans le système sanitaire.


Témoignages

“Je m’appelle ASR, j’ai 47 ans et j’exerce comme médecin depuis plus de vingt ans. Il y a environ cinq ans, à partir d’un divorce très traumatisant, j’ai subit un syndrome dépressif majeur, pour lequel je me suis soumis à un traitement pharmacologique pendant plus d’un an, mais sans une stabilisation clinique postérieure solide. Il y a moins d’un an, ma souffrance est devenue plus aiguë, sûrement à cause de l’automédication mais aussi à cause de facteurs exogènes agressifs. C’est alors qu’un collègue m’informa du Programme d’Attention Intégrale au Médecin Malade créé récemment. Je me suis mis aussitôt en contacte avec le programme, d’abord par téléphone et postérieurement en personne, ayant été assisté avec efficacité, qualité et confidentialité dans tous les aspects. Jusqu’à présent, mon évolution est excellente. Pour tout cela, j’exprime mon remerciement le plus inconditionnel à tous ceux qui sont intervenus d’une façon ou autre dans ce procès”.

“Chers collègues,
Depuis l’époque d’étudiant à la Faculté j’ai eu des problèmes avec l’alcool. Une situation difficile qui s’est empirée jusqu’à devenir incompatible avec ma vie professionnelle et privée. J’ai souvent essayé de résoudre ces problèmes sans y parvenir, jusqu’au jour où un collègue et un grand ami m’a parlé de la création du PAIMM.
Au début j’ai reçu de l’assistance ambulatoire et plus tard j’ai été interné dans le centre (je l’ai inauguré en tant que patient !). Depuis je n’ais pas touché à l’alcool. Le savoir-faire, l’aide et l’affection de tous les composants de l’équipe ont réussi ce que, pendant plus de 30 ans je n’ai pas réussi dans la solitude. Encore aujourd’hui, je ne sais comment remercier ces collègues pour la grande tâche, la compréhension et la confidentialité avec laquelle j’ai reçu le traitement”.


" Cela fait cinq ans que j’ai contacté le PAIMM, désespéré, après neuf ans de traitements sans succès à cause des caractéristiques de mes addictions: un alcoolisme de trente ans d’évolution, une addiction à la cocaïne commencée lorsque j’avais quarante ans, tout cela lié à ma personnalité et à l’évolution de la toxicomanie. Je n’avais pas compris la signification de ma maladie et je ne l’acceptais pas comme telle. Un jour, j’ai aperçu une publicité du PAIMM et j’ai eu le courage de les appeler. J’étais tout d’abord réticent, je n’ais pas dit que je suis aussi un spécialiste renommé en psychiatrie.
À présent, je crois que je suis en train de réussir. Dans cette “roue du changement”, je vais finalement parvenir à arranger ma vie. Quelles en sont les causes ? Tout d’abord, je voudrais manifester la stricte confidentialité du PAIMM. Je n’ai aucun problème lorsque j’avoue la maladie dont je souffre dans mon cercle personnel, social et professionnel, je suis même fier de pouvoir affronter cette maladie et de voir que mes efforts reçoivent une récompense. Néanmoins, je comprends aussi que nous ne sommes pas tous pareil, et j’insiste sur l’extrême confidentialité du centre. De même, la qualité de tous les professionnels, infirmières, psychologues et psychiatres, est très élevée quant aux connaissances des maladies de dépendances, je croix avoir l’autorité pour affirmer cela. Finalement, je voudrais aussi souligner la qualité humaine de tous les travailleurs du PAIMM, je suis moi-même un caractère problématique en faisant souvent ce qu’il me chante. Les travailleurs du centre parviennent à créer une relation de confiance très étroite. Je voudrais donc d’ici, faire un appel à tous les médecins qui souffrent un problème de dépendance, et remercier tout le personnel du PAIMM. Merci de tout mon cœur, je ne l’oublierai jamais".

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